Le Samaritain

Dans Luc 10, 25-37, la célèbre histoire du Samaritain, et celle du docteur de la Loi, dont la question à Jésus porte sur les œuvres: "Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle?". Facile! Il suffit d'observer la Loi: Aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Pas besoin d'aller la chercher au ciel ou au-delà des mers (Deutéronome 30, 9-14) Maintenant, c'est l'application de la Loi qui pose problème, comme le montre le "non secours à personne en danger" du sacrificateur et du lévite, des hommes bien. Ils passaient là par un hasard providentiel, ils allaient faire quelque chose pour le blessé. Ben non, rien à foutre. Mais le Samaritain, lui, s'arrête, donne les premiers soins, et, mieux encore, prend en charge le malheureux de A à Z. Il avait reconnu en lui son prochain et, par un retour des choses, s'était fait lui-même son prochain, tant il est vrai qu'il est aisé d'attribuer à tel ou tel une dignité, mais que le vraie dignité est dans notre regard et notre attitude: "Lequel de ces trois semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?-C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la Loi" S'il est facile d'accepter la Loi comme une "lampe à nos pieds, une lumière sur notre sentier", il est bien difficile de ne pas se laisser piéger par toutes sortes de situations. S'il est facile de suivre l'exemple du Samaritain (Jésus, en fait), combien de fois se dit-on: "j'aurais dû agir autrement". Nul ne peut accomplir la Loi et donc, par elle, avoir la vie éternelle. Ce n'est pas un hasard si ce récit est suivi par celui de Marthe et Marie. Marthe se démène pour bien recevoir Jésus et ses disciples. Elle doit même au passage faire quelques taches de maintenance. C'est sa foi, certes, qui l'anime, qui la pousse aux bonnes œuvres. Mais celles-ci finissent par l'absorber, la dominer. Elle ne pense même plus qu'elle à son Sauveur (celui qui sauve par la grâce) tout près. Marie, qui pourrait passer pour fainéante, a saisi l'essentiel. Les bonnes œuvres de Marthe l'en éloignent.